FELIX DE BOECK (Drogenbos, 1898 - 1995) Tout comme les artistes Victor Servranckx, Karel Maes, Jozef Peeters et Georges Vantongerloo, Felix De Boeck appartient à la première génération de peintres modernistes en Belgique. Explorant l’académisme, en passant par des œuvres inspirées de l’impressionnisme et la violence des couleurs du fauvisme, le peintre évolua vers l’abstraction. Son style particulièrement lyrique abstrait du début des années vingt s’accordait parfaitement au « nouvel » art, qui se manifesta au niveau international, et dont « De Stijl » constitue le mouvement le plus extrême. Plus tard, à partir de la fin des années 1920, ses œuvres deviennent plus mystiques réalistes, son expression plastique et sa méthode se caractérisent par des gravures au compas dans des surfaces monochromes peintes. Biographie restreinte Felix De Boeck est né à Drogenbos le 12 janvier 1898 dans la ferme de ses parents, où il vécut et travailla lui-même plus tard. Il décéda 98 ans plus tard à Berchem-Sainte-Agathe le 18 janvier 1995. De Boeck suivit l’enseignement primaire jusqu’à la troisième année à l’école communale de Drogenbos. A partir de la quatrième année jusqu’à la rhétorique, il étudia au Collège francophone de Saint-Pierre à Uccle. Pour lui c’était une grande adaptation vu qu’il ne parlait pas couramment français. Avec son frère Marcel et le futur présentateur de radio Pol Jacquemijns, il était un des jeunes ‘intellectuels’ de Drogenbos. La première Guerre Mondiale l’empêchât de poursuivre des études supérieures. Finalement il s’érigea en artiste de manière autodidacte. Felix De Boeck apprit à dessiner dans la classe de dessin de l’artiste Pol Craps, également originaire de Drogenbos. Tous les dimanches matins de jeunes garçons et de jeunes filles talentueux se rassemblèrent dans son atelier où ils apprirent les techniques de bases. C’est par un autre artiste ayant vécu quelques années à Drogenbos, Louis Thévenet, qu’il entra en contact avec la peinture. C’est lui qui incita Felix à aller plus loin que le dessin en lui ramenant de la peinture et des pinceaux de Bruxelles. Felix aussi alla de plus en plus en ville pour y rencontrer d’autres artistes et des esprits partisans. C’est ainsi qu’il aboutit dans le cercle artistique « Doe Stil Voort » (« Continue en silence »), où il reçut pour la première fois, en 1918, l’occasion de présenter son œuvre à un public plus large. « Via le cercle Doe stil voort je suis entré en contact avec le monde de l’art. J’ai appris à connaître Prosper De Troyer, Jozef Peeters, l’organisateur et le combattant pour l’art moderne, Edouard van Dooren, Servranckx, Jan Cocks, Albert Daenens, e.a. » (« Mijn leven en werk », in : Felix De Boeck, asbl Vrienden van Felix De Boeck, s.d., p. 27) Au début des années vingt Felix De Boeck était un des premiers peintres modernistes en Belgique. Avec Servranckx, Peeters, Maes et d’autres, il représentait la « plastique pure », inspirée des théories de « De Stijl » (dont faisaient partie des artistes tels que Piet Mondriaan et Theo van Doesburg). Dans son œuvre abstraite Felix De Boeck n’abandonna jamais l’élément figuratif. C’est pourquoi l’on considère son œuvre plutôt comme abstrait-lyrique.
Au milieu des années vingt, Felix décida de reprendre la ferme de ses parents, qui venaient de décéder. Dès ce moment, il combina le métier de peintre avec la vie d’agriculteur. « Je cherchais une sécurité de subsistance pour assurer ma vie de peintre. C’est pour cette raison que je suis devenu fermier. La représentation romantique de Felix De Boeck comme fermier, qui peint, devrait peut-être être inversée dans la représentation plus modeste de Felix De Boeck comme peintre fermier. Mais qu’est-ce qu’un mot ou qu’est-qu’une phrase ? Laissez-en discuter certains amis. J’ai fait mon choix il y a cinquante ans, je ne l’ai jamais regretté. En tant que fermier je vis en plein air, la nature m’a été confiée et le miracle de la lumière est une expérience journalière. »
(“Mijn leven en werk”, in: Felix De Boeck, uitgave vzw Vrienden van Felix De Boeck, s.d., p.24)
Du lundi au samedi, il travaillait sur les terres et il réalisait ses études préliminaires. Le dimanche, on pouvait le retrouver dans son atelier. Son style aussi changea : tout comme ses contemporains modernistes, il retourna progressivement vers la figuration avec des œuvres mystiques et des portraits. Pendant des années son œuvre ne sera pas exposée et il poursuivit son travail en silence. 1915: Natures-mortes 1916: Oeuvres impressionistes et fauvistes 1918: Oeuvres van goghiennes 1919: Futurisme 1920: Géométrie abstraite 1923. Période de “la Genèse” 1938: Maternités mystiques 1940: Combats d’animaux, Tryptique du Travail, oeuvres franciscaines 1938: Dons de soi et Accouchements, portraits et autoportraits 1950: Cycle des lumières nocturnes, reprise d’anciens thèmes. 1981: Début et fin, oeuvre de synthèse |